Mentaliste entreprise : où le placer, que lui transmettre
Gestion d'Entreprise

Mentaliste entreprise : où le placer, que lui transmettre

Laurent Dufresne 9 min de lecture

Un mentaliste en entreprise se place dans le déroulé, pas à côté : en ouverture, entre deux prises de parole, au temps fort du dîner ou en clôture. Son numéro sert vos messages si vous lui transmettez en amont votre public, les thèmes à porter, les sujets à éviter, vos horaires et l’interlocuteur du jour J.

Le conducteur d’abord, le numéro ensuite

Le réflexe courant : réserver un artiste, puis lui chercher une place dans le programme. Prenez le chemin inverse. Écrivez d’abord le conducteur de votre événement : le déroulé séquence par séquence, avec qui parle, pendant combien de temps et dans quel ordre. Les creux d’attention y apparaissent d’eux-mêmes : fin d’un bilan chiffré, attente entre deux plats, moment où les invités hésitent à partir.

Un mentaliste en entreprise ne joue pas le même rôle selon l’endroit où vous le placez :

  • en ouverture, il donne le ton et rassemble des collaborateurs de services ou de sites qui se croisent peu ;
  • en transition, il relance l’attention entre deux intervenants sans voler la vedette à celui qui suit ;
  • au temps fort du dîner, il crée le souvenir commun de la soirée, celui dont les équipes reparlent la semaine suivante ;
  • en clôture, il referme l’événement sur une image forte, à condition de rendre ensuite la parole à l’entreprise.

Choisissez un ou deux de ces emplacements, pas les quatre. Au-delà, l’artiste devient le fil rouge de la journée à la place de vos messages, et le public se souvient du spectacle plus que de l’entreprise qui l’a offert.

Convention annuelle : trois créneaux qui servent le dirigeant

Juste avant votre discours d’ouverture

La convention annuelle commence souvent par un café d’accueil, puis par le mot du dirigeant. Une courte séquence placée juste avant vous capte une attention encore dispersée, celle des collaborateurs qui terminent une conversation ou consultent leurs messages. Vous montez ensuite sur scène devant un public éveillé et déjà rassemblé. Si votre propre intervention vous inquiète, les repères pour préparer et tenir une prise de parole valent aussi devant un auditoire élargi.

Entre le bilan et les objectifs

Le bilan de l’année forme le passage le plus dense : activité, marges, indicateurs commerciaux. C’est aussi celui où l’attention décroche. Une intervention glissée entre le bilan et l’annonce des objectifs sert de respiration et marque la bascule entre ce qui a été accompli et ce qui vient. Construisez ce bilan à partir des indicateurs déjà suivis dans votre tableau de bord de pilotage : resserré sur quelques chiffres lisibles, il laisse le numéro jouer son rôle de charnière au lieu de rattraper un public décroché.

Au dîner, pour mélanger les services

Le soir, le format change. Le mentaliste d’entreprise circule de table en table ou intervient entre deux plats, et chaque expérience lance une conversation entre des personnes qui ne travaillent pas ensemble au quotidien. Dans une PME dont une partie des équipes travaille à distance, ce moment pèse parfois plus lourd que la journée elle-même.

Mains d’un intervenant tenant une enveloppe scellée devant un pupitre en bois

Un numéro qui porte vos messages au lieu de les couper

Le risque d’une animation mal préparée tient en une phrase : elle fonctionne, mais à contre-courant. Les participants retiennent l’artiste et oublient le thème de l’année. Un mentaliste briefé travaille dans l’autre sens.

Exemple : votre convention a pour fil conducteur la fidélité des clients. Dès l’ouverture, l’artiste confie à un collaborateur une prédiction sous enveloppe scellée. Elle n’est ouverte qu’après votre présentation des objectifs, et le mot qu’elle contient rejoint celui que vous venez de prononcer. Le numéro ponctue votre discours au lieu de former une parenthèse.

La même logique vaut pour les transitions. L’artiste reprend le vocabulaire de l’intervenant précédent, appelle le suivant par son prénom et lui rend la scène sans ce flottement où personne ne sait qui parle.

C’est tout l’intérêt de confier ce moment à un mentaliste qui intervient en entreprise et prépare son numéro avec l’organisateur : chaque expérience s’appuie sur vos thèmes, vos équipes et votre calendrier, et la convention gagne un relief que les participants racontent ensuite à ceux qui n’étaient pas là. Il travaille depuis Reims et se déplace jusqu’au lieu de votre événement, qu’il se tienne à Paris ou en région. Le premier échange porte sur l’occasion, le nombre d’invités et le ton recherché ; le format proposé en découle, du spectacle de soirée à l’expérience à table pendant un dîner de direction.

Lancement de produit : un effet qui prolonge la révélation

Un lancement de produit réunit un public mêlé : commerciaux, distributeurs, clients fidèles, parfois la presse locale. La vedette de la soirée reste le produit, et le mentaliste se met à son service. Deux créneaux s’y prêtent :

  • juste avant le dévoilement, une expérience où plusieurs invités font des choix libres, dont le résultat rejoint ensuite le nom ou la promesse du produit : l’effet prolonge la révélation au lieu de la concurrencer ;
  • pendant le cocktail qui suit, l’artiste circule entre les groupes et fait tomber la réserve entre vos équipes et des invités qui ne se connaissent pas.

Le brief gagne ici une rubrique : la confidentialité. Si le nom du produit reste secret jusqu’au dévoilement, l’artiste doit pourtant le connaître avant le public. Dites-le clairement, précisez qui d’autre est dans la confidence et à partir de quand il pourra en parler. Un engagement écrit de confidentialité, signé avant la transmission du nom, règle la question sans malaise.

Pensez enfin aux invités extérieurs. Un client n’a pas les codes internes de votre maison : les expériences qui le sollicitent doivent le mettre en valeur, jamais reposer sur une plaisanterie d’initiés qui l’exclurait.

Soirée de clôture : le temps fort du dîner, puis le dernier mot

La soirée de clôture, qu’elle referme un séminaire ou l’année entière, suit un rythme que le traiteur connaît mieux que quiconque. Le temps fort se place en général entre le plat principal et le dessert : les invités sont assis, détendus, et personne n’a encore commencé à partir. Trop tôt, le numéro se heurte au service. Trop tard, il se joue devant des tables clairsemées.

Demandez au traiteur son propre minutage et transmettez-le à l’artiste. Les deux ajustent alors service et séquence sans que vous ayez à arbitrer en pleine soirée.

Si la soirée comprend une remise de trophées ou un départ en retraite, placez ce moment avant le numéro. Après un temps fort, l’attention redescend, et ces instants personnels méritent mieux qu’un public déjà tourné vers le vestiaire.

Reste la clôture proprement dite. Le mentaliste peut refermer la soirée sur une dernière expérience, mais le mot de la fin vous appartient. Prévoyez une phrase de remerciement brève juste après lui : elle relie le moment vécu ensemble à l’année écoulée, et c’est elle que les équipes associeront au souvenir.

Table de dîner de gala dressée avec centres de table de fleurs blanches et chaises vides

Mentaliste entreprise : la fiche à lui transmettre avant le jour J

Une fiche claire tient sur une ou deux pages. Envoyez-la dès que le programme est arrêté, puis mettez-la à jour la semaine de l’événement : le brief du mentaliste évolue avec le conducteur. Cinq rubriques couvrent l’essentiel.

Le public et sa taille

Nombre de participants, part de nouveaux arrivants, présence de clients ou de partenaires, langues parlées : ces éléments orientent le choix des expériences et leur échelle. Signalez les personnes à mettre en lumière, une équipe distinguée dans l’année ou un collaborateur qui part, et celles qui préfèrent rester en retrait. Si un interprète en langue des signes accompagne l’événement, l’artiste doit le savoir pour régler son rythme et son placement.

Les messages à faire passer

Un thème, un mot, éventuellement le nom d’un produit : pas davantage. Joignez le vocabulaire de vos discours pour que l’artiste le reprenne. Un numéro chargé de cinq messages n’en transmet aucun, et le public sent vite la réclame déguisée.

Les sujets sensibles à écarter

C’est la rubrique la plus souvent oubliée, et la plus utile. Listez ce qui ne doit pas être évoqué, même sur le ton du jeu :

  • une réorganisation en cours ou des postes menacés ;
  • des résultats décevants dont l’annonce n’a pas encore été faite ;
  • un départ conflictuel ou un litige en cours ;
  • la santé, la vie privée, les salaires, la politique, la religion.

Nommez aussi les personnes à ne pas solliciter. Un collaborateur en désaccord ouvert avec son équipe vit mal d’être appelé devant tous ; si la tension est réelle, traitez-la d’abord avec la méthode pour gérer les conflits en entreprise. Le volontariat figure noir sur blanc dans la fiche : personne ne monte sur scène contre son gré.

Horaires et contraintes techniques

Cette rubrique rassemble :

  • le conducteur complet, avec l’heure d’arrivée souhaitée et les heures butoirs, départ des navettes ou fin du service ;
  • une version courte et une version longue du numéro de mentalisme, pour absorber un discours qui déborde ;
  • le type de micro disponible et le nom de la personne en régie ;
  • la retransmission éventuelle sur écran, utile quand le public est nombreux ;
  • un espace calme où l’artiste se prépare avant d’entrer en scène.

Coulisses d’un événement avec feuille de route retournée et casque-micro posés sur une table

Un seul interlocuteur le jour J

Vous serez sur scène ou auprès de vos invités, rarement joignable. Désignez un collaborateur qui connaît le déroulé de l’événement, détient le téléphone de l’artiste et dispose du pouvoir de raccourcir une séquence si le programme dérape. Les principes de la délégation en PME s’appliquent tels quels : un périmètre clair, une vraie marge de décision, un point rapide avec vous avant l’ouverture.

Après l’événement : filmer, partager, débriefer

Le numéro filmé prolonge l’événement dans votre communication interne, sous une condition. Le droit à l’image découle de l’article 9 du code civil, et la fiche « Droit à l’image et respect de la vie privée » du site service-public.gouv.fr précise que, dans un lieu privé, l’autorisation d’une personne reconnaissable est nécessaire. Cet accord doit être précis : support de diffusion, objectif, durée. Faites signer les volontaires appelés sur scène avant la diffusion, pas au moment de publier.

Convenez aussi avec l’artiste de ce que vous comptez diffuser. Il a son mot à dire sur l’usage de sa prestation, et la question se règle mieux à la signature qu’au lendemain de l’événement.

Dans la semaine qui suit, recueillez quelques retours d’équipe : quel moment a marqué, quel message est resté. La réponse vous indique si le numéro a servi vos thèmes ou s’il les a recouverts.

Prochaine étape : ouvrez le conducteur de votre prochain événement, repérez le passage où l’attention risque de faiblir et rédigez la fiche de brief avant même de contacter un artiste.

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